La vingt-troisième chambre s’émeut

« Monsieur Akodo nous dit tout avec sincérité, même ce qu’on ne lui demande pas ».

C’est par ces mots que l’avocate de ce grand guyanais de 35 ans conclu sa plaidoirie.

La sincérité, c’est vrai, il la porte sur son visage, à la fois craintif et angoissé dans l’attente du verdict. Il se tient droit, plus raide encore que la justice, à laquelle il a affaire. Elégant, avec un jean bien coupé et une veste noire, Eddy Akodo comparait de lui même devant la 23ème chambre du Palais de Justice de Paris, pour « vol en réunion ». Or il n’y a pas eu de réunion, et le vol est discutable.

Les trois juges, trois quinquagénaires, qui bayaient aux corneilles durant les précédentes comparution immédiates, se redressent sur leurs dossiers, remettent leurs lunettes. Cette affaire les intéresse, il ne s’agit pas d’un énième vol à l’arraché. Non, c’est une affaire de mœurs. Car le prévenu, Eddy Akodo, n’est pas un délinquant récidiviste. Il est gigolo. Son casier judiciaire est vierge. Lire la suite »