L’Algérie sans Internet à cause du bac

 

Société|De notre correspondante à Alger, CLAIRE ESTAGNASIÉ|20 juin 2016, 6h55|
Des sujets du bac algérien ont fuité sur les réseaux sociaux au début du mois.(LP/Arnaud Journois.)

Comme une punition électronique. Depuis deux jours, l’Algérie connaît une coupure d’Internet sans précédent. Un black-out décidé par le ministère des Postes et Télécommunications, en raison des fraudes qui ont entaché la première session du bac, début juin. Alors que des lycéens repassent certaines matières cette semaine, une méthode radicale a été adoptée pour contrer la triche.

Entre le 29 mai et le 2 juin, les réseaux sociaux ont été le réceptacle de nombreuses fuites de sujets. La ministre de l’Education, Nouria Benghebrit, a décidé de refaire passer des écrits à 38 % des candidats. « Ce n’est pas la première fois qu’il y a des fraudes, mais avec les réseaux sociaux, le phénomène a pris de l’ampleur », raconte Rania, en terminale. « La rumeur dit que c’est le gouvernement qui a fait fuiter les sujets, pour jeter le discrédit sur la ministre de l’Education », nuance Amazigh, un camarade.

 

Des parades déjà trouvées

Quoi qu’il en soit, l’accès à Facebook, Twitter, Instagram a été coupé pendant les horaires d’examens. En réalité, c’est tout le réseau Internet (l’ADSL, la 3G…) qui est perturbé, vraisemblablement jusqu’à la fin des épreuves, jeudi. Pour l’économie du pays, qui tourne au ralenti depuis le début du ramadan, l’impact est sérieux. Les entreprises et start-up sont le plus pénalisées par cette censure provisoire. Les jeunes, nés à l’ère du digital, ont su trouver des parades… Face à la grogne et à la relative inefficacité de la mesure, le gouvernement pourrait faire machine arrière.

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>>> Un article à retrouver sur le site du Parisien

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