Paiement électronique : l’Algérie a la carte

Economie|Claire Estagnasié (Anne Beille)|15 octobre 2016, 7h00|MAJ : 15 octobre 2016, 10h43|
Les commerces algériens vont progressivement s’équiper de terminaux de paiement pour cartes bancaires. Lahcène Abib (photo d’illustration) 

Les Algériens vont désormais pouvoir régler leurs achats par carte bancaire. Une mesure destinée notamment à lutter contre le marché noir.

Fini les grosses liasses dans les poches pour régler ses courses ou un billet d’avion. L’Algérie se met officiellement au paiement électronique. Les Algériens avaient bien des cartes bancaires. Mais ils ne pouvaient les utiliser jusqu’à maintenant que pour retirer de l’argent aux distributeurs. Les commerces devraient donc progressivement s’équiper de terminaux de paiement pour cartes. Et les interminables files d’attente dans les agences d’Air Algérie se résorber. « J’espère que ça va nous faire gagner du temps, se réjouit Yesmine, commerciale de 26 ans. Et puis on se sentira plus en sécurité avec une carte sur soi qu’avec du cash. »

La mesure s’inscrit dans le cadre d’un programme national intitulé e-Algérie. Elle devrait dans un premier temps ne concerner que les 1,4 million d’Algériens déjà détenteurs d’un compte bancaire (sur une population de 40 millions d’habitants).

Un déploiement progressif

Ce sont surtout les banques qui ont effectué pour le moment les modifications techniques nécessaires, les établissements publics (la CPA, la BDL, la Cnep, la BEA et la BADR), mais également cinq privés (Natixis, Société générale, Gulf Bank, Al Baraka et Trust Bank). Du côté des entreprises, seules 9 d’entre elles sont pour le moment opérationnelles. Les Algériens pourront par exemple payer par carte bancaire leurs factures d’eau (Seeal) ou de téléphone (Algérie Télécom, Djezzy, Ooredoo, Mobilis), mais aussi leurs billets d’avion (Air Algérie, Tassili Airlines) ou même leurs primes d’assurances (Amana Assurances).

Par cette mesure, l’Algérie entend lutter contre un marché noir endémique (voir encadré). « Cela va effectivement permettre à de l’argent qui transitait dans l’économie souterraine d’être redirigé vers le circuit officiel, estime Arezki, 34 ans. Si les gens prennent l’habitude de payer avec une carte, ils cesseront d’avoir des sacs d’argent sous leur lit. »

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